Le Cameroun comme beaucoup d’autres pays de la zone franc, s’est engagé depuis 2009 dans un projet d’émergence économique. Compte tenu des contraintes que les accords de coopération et/ou partenariat économique font peser sur les politiques économiques, la mise sur pieds des labels devient incontournable. 

 

Cela contribuera fortement à favoriser notre émergence économique.

v  La qualité

La qualité dans la pensée populaire tend à désigner tout ce qui est supérieur à la moyenne. Selon la norme ISO 9000 la qualité est l’aptitude d’un ensemble de traits distinctifs présents de manière permanente dans quelque chose afin de satisfaire le besoin ou l’attente  formulée au travers des usages ou de pratiques courantes pour l’organisme, ses clients et les autres parties intéressées ou alors le besoin ou l’attente imposé par la règlementation.

v  Le label

Le label (étiquette) ou label de qualité, ou signe d'identification est un moyen de promotion commerciale et publicitaire d'un produit qui promet à une personne qui réalise un ensemble d'actes à propos d'un service ou d'un produit depuis son achat jusqu'à son utilisation ultime (consommateur), que celui-ci respecte certaines caractéristiques prédéfinies (qualitatives, environnementales, sociales,…). Un label peut donc être considéré comme  une technique destinée à attirer l'attention ou la curiosité d'un public en l'informant sur un bien, un service, pour le convaincre de l'acheter, de l’utiliser et de l’adopter.De plus, Il existe des labels indiquant que le produit est issu du commerce équitable. D’autres encore ne donnent pas d’information sur la durabilité mais renseignent les consommateurs sur la qualité, l’origine, la sécurité ou la composition d’un produit. La crédibilité d’un label dépend donc de la pertinence des exigences fixées par un document qui doit être respecté lors de la réalisation d'un projet (cahier des charges) et du dispositif de labellisation qui l’accompagne. Le label est généralement décerné en principe par un organisme public national ou international dans le cadre d'une procédure réglementaire impartiale.

v  Les critères d’un label

Le label est une forme de communication iconographique avec le consommateur final. Pour cela il doit réunir un certain nombre de critères qui donnent du poids aux produits et services « labellisés » proposés par l’entreprise à savoir :

-          le label doit être soutenu par un bon système de labellisation dénué de conflits d’intérêts,

-          le label doit avoir une signification transparente ;

-          les informations sur le contenu et l’organisation à l’origine du label doivent être accessibles et le public doit pouvoir faire des observations.

v  Les différents types de label

-         Les labels officiels, créés pour  gérés par une administration. Les contrôles sont effectués par des organisations externes, indépendantes et le plus souvent accréditées. Cette accréditation garantit la fiabilité et la qualité des vérifications. Le référentiel de critères, les modalités de contrôle, la gestion du logo etc. sont gérés par les pouvoirs publics, une agence de normalisation ou encore une commission officielle. Il s’agit de systèmes volontaires : seuls les producteurs qui le désirent apposent ce label sur leurs produits. C’est cette catégorie de labels qui a le plus de poids auprès des consommateurs et clients. C’est le cas du label de conformité NC apposé par l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR) sur les produits certifiés. 

-         Les labels privés et collectifs, Ils sont gérés par un secteur industriel, une association professionnelle ou une association qui est considérée comme indépendante du fabricant ou du secteur. Il peut également s’agir d’une ONG. Divers acteurs sont impliqués. Les contrôles sont exécutés par des organisations externes, indépendantes et le plus souvent accréditées. Ce sont également des systèmes volontaires.

 

Ces deux premières catégories regroupent les labels les plus connues et surtout les plus aimés des consommateurs.

-         Les labels privés, individuels et contrôlés, Ils sont créés par un fabricant ou un distributeur mais sont contrôlés par une organisation externe et indépendante qui, en général, est accréditée.

-         Les labels privés, individuels, non contrôlés, Ils sont créés par un fabricant ou un distributeur et relèvent de sa responsabilité exclusive. Il n’y a pas de contrôle externe et indépendant. Egalement appelés marques privées ou auto-déclarations, ces labels ont donc moins de poids auprès des consommateurs puisque certes, certains permettent de repérer des produits ou services proposant un véritable apport de qualité, mais d’autres sont au contraire sans fondement.

 

v  L’importance des initiatives de labélisation en Afrique

Les Etats africains, pour le bien-être de leurs populations, pour la protection des petits producteurs à travers l’octroi de revenus décents issus de leurs activités, devraient procéder au plus urgent, à une prise de conscience rapide et  efficiente, à la valorisation du terroir et des savoirs faire ancestraux par la création des marques et des labels. Le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée Bissau et le Niger ont entrepris de labelliser leurs produits halieutiques. il est question de mettre  sur pied, des stratégies de valorisation des productions localisées par la recherche d'alternatives pour faire face à la crise mondiale, notamment par la lutte contre la dégradation de la biodiversité, l'exploitation rationnelle des ressources locales et la lutte contre la pauvreté dans la sous- région. Les différents pôles d’intégration devraient combler le vide autour de la question afin de rendre effective la valorisation de nombreux produits régionaux et locaux de qualité, au savoir-faire éprouvé et authentiquement réputé. En Afrique, seul le Kenya, qui a recensé dix-sept produits potentiels (thé, café) a concrétisé le processus des IGP. Faisant partie des outils de labellisation les plus expérimentés actuellement en Afrique, les IGP côtoient les éco certifications du commerce équitable. Si rien n’est fait, ce sont des firmes multinationales qui se tailleront la part de lion en labellisant eux-mêmes les produits du terroir africain.

 

Le label une assurance de la qualité

Le poivre de PENJA et le miel d’OKU sont ainsi des produits emblématiques qui contribuent à démarquer l’offre gastronomique du terroird’origine et  révèlent l’importance d’un territoire souvent lié au produit, à sa qualité et à son authenticité.En effet, la culture du poivre de Penja attire de plus en plus d'agriculteurs depuis 2013, année à laquelle l'Indication géographique protégée (IGP) de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) a été attribuée à cette épice. «Depuis lors, son prix a explosé, passant de 2 500 francs CFA le kilogramme avant septembre 2013 à atteindre 8 000 francs CFA le kilo en 2014, avant de culminer à 14 000 francs CFA le kilogramme en 2015», renseignent les producteurs.Les producteurs ne sont pas les seuls à bénéficier des atouts de ces signes. Cette augmentation de prix est dûe à l’assurance de la qualité que le poivre de penja. En effet, c’est tout un panel d’acteurs du territoire qui participe à la mise en valeur du produit : fête de l’ail rose, du Rocamadour, confrérie, partenariats avec les commerçants. Le signe de qualité est un véritable outil de promotion des territoires.


Il convient donc de dire que la promotion et la valorisation du label qualité apparait comme une nécessité et un impératif afin de faire face aux contraintes du marché interne et externe et en vue de l’amélioration des conditions de vie des populations, gage d’une émergence a l’horizon 2035. De plus, ces signes de qualité et Pour peu qu’ils soient mobilisés de manière pertinente, les labels portent les fondements du développement durable : l’économie, par une meilleure valorisation des produits, le social par la contribution à la vie des territoires, et l’écologie par la préservation des ressources naturelles.

Yolande Alida BOMBA


Food science and Technology Engineer
Specialize in Food safety regulations and standards 
UNIDO Expert Sub-director

Departement of Quality Development Ministry of Mines, Industry and Technological Development  

Elle représente une initiative nationale qui a pour vocation de fédérer, animer et coordonner l’ensemble des réseaux des acteurs camerounais publics et privés traitant de la qualité, des démarches de progrès et des systèmes de management. ...

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